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conférence sur la décroissance


La conférence aura lieu le 14 novembre 2008, à l’hôtel du petit louvre ( amphithéâtre ) à 19h. Elle sera animée par Harold Bernat et Samuel Pelras. Un débat suivra l’exposé. L’entrée est libre et ouverte à tous.

Vers une décroissance forcée ?

Par Harold Bernat, agrégé de philosophie, professeur au Lycée Marie de Champagne à Troyes, auteur de Prométhée déchaîné, Nietzsche et le problème des valeurs, Des-montages.

Le terme « décroissance » apparaît à la fin des années 70 en France, à l’occasion de la traduction en français de The entropy law and the economic process de l’économiste Gorgescu-Roegen. Le concept de « développement durable » a oblitéré durablement les travaux de cet économiste visionnaire. Ce concept écran a vu le jour au début des années 1980 (UCIN, Union internationale pour la Conservation de la Nature) et sera repris dans un rapport anticipant le sommet de la terre à Rio en 1992, le rapport Brundtland en 1987. Il s’agissait de trouver un compromis entre la préservation de l’environnement et l’impératif de croissance devenu l’autre nom du progrès, autant dire un des derniers avatars d’un des idéaux les mieux enracinés de l’Aufklärung. Renoncer à la croissance économique comme le théorise en 1971 Georgescu-Roegen (The Entropy law and the economic process (Traduction discutable du titre en 1979, Demain, la décroissance) revient à renoncer à l’idéal de progrès porté par l’esprit des Lumières, dit-on déjà. Dans la mesure où cet idéal n’est pas remis en question mais simplement aménagé avec un concept politiquement instrumentalisable, le “développement durable”, l’essence de l’idéal, jamais questionnée, poursuit sa course de plus belle. Comme le note Pascal Van Griethuysen dans son article sur la Croissance économique et “soutenabilité” écologique, « selon l’interprétation communément admise du concept de développement durable issue du rapport Brundtland, la protection de l’environnement, comme d’ailleurs la diminution de la pauvreté (qui supplante la réduction des inégalités sociales comme objectif social), passerait d’abord par la préservation du développement, pensé selon la logique occidentale – selon un mode à la fois capitaliste et industriel – conduisant à « une nouvelle ère de croissance de l’économie mondiale » (Rapport Brundtland, 1987) ». L’illusion qui consiste à vouloir conjuguer la croissance économique et la protection de l’environnement a pu se maintenir faute d’une critique sans reste de l’essence “concrète” de l’idéal économiste. Le maintien de cette illusion économiste impliquait, et implique encore, la soumission du politique aux règles d’objectivité de la croissance et à son idéal progressiste. Ce sont quelques-uns des présupposés de cet idéal que nous entendons soulever ici en partant d’une présentation du texte fondateur de Georgescu-Roegen.

Bibliographie indicative :

Problématiques de la croissance, vol. 1 et 2, Editions Economica, 1974. Christian Palloix, Problèmes de la croissance en économie ouverte, Paris, Maspero, 1973. Nicholas Gorgescu-Roegen, La décroissance, Paris, Sang de terre, 1995 (2ed). Serge Latouche, Le pari de la décroissance, Paris, Fayard, 2006. La crise, quelle crise ? dynamique de la crise mondiale, Paris, Maspero, 1982 (collectif). Mike Davis, Le pire des mondes possibles, De l’explosion urbaine ou bidonville global, Paris, La découverte, 2006.

« Développement durable et décroissance », par Samuel Pelras, agrégé de philosophie, professeur au lycée Chrestien de Troyes, auteur de La démocratie libérale en procès (Paris, L’Harmattan, 2006).

Le « Grenelle de l’environnement » (2007) a officialisé en France l’importance des questions écologiques. Mais ce « coup médiatique » fut aussi l’occasion d’enterrer un peu plus l’écologie politique au profit du « développement durable », plus compatible avec les impératifs économiques du capitalisme.

Cette intervention aura pour but de présenter les divergences essentielles entre la politique du « développement durable » et le projet de la décroissance. Tous deux appartiennent à des imaginaires étrangers qu’il serait illusoire de vouloir réconcilier. Face à l’impasse politique et écologique du développement durable, nous nous efforcerons de présenter les enjeux révolutionnaires d’une politique de décroissance, tant sur le plan des pratiques que des représentations collectives. Ce qui permettra in fine de mettre en question la volonté collective de se lancer dans une telle aventure. Loin d’être une étape vers la décroissance, le « développement durable » reste un pis-aller nocif pour l’écologie politique.

Ouvrages et périodiques utilisés : Baudrillard Jean, La société de consommation, Paris, Folio, 1970. Castoriadis Cornélius et Cohn-Bendit Daniel, De l’écologie à l’autonomie, Paris, Seuil, 1981. Gorz André, Capitalisme, Socialisme, Ecologie, Paris, Galilée, 1991. Illich Ivan, La convivialité, Paris, Seuil, 1973. Latouche Serge, Survivre au développement, Paris, Mille et une nuits, 2004. Latouche S., Petit traité de la décroissance sereine, Paris, Mille et une nuits, 2007. Partant François, La ligne d’horizon, Paris, La Découverte, 1988. S !lence (coordination de Michel Bernard, Vincent Cheynet et Bruno Clémentin), Objectif décroissance, Lyon, Parangon, 2005.

Revues : La décroissance, Lyon, Les Casseurs de Pub. EcoRev n°26 (avril 2007) « Sens de la décroissance ». Le Sarkophage, Lyon.

Sites internet :
- Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable : http://www.decroissance.org/
- Journal La décroissance : http://www.ladecroissance.net/
- EcoRev, Revue critique d’écologie politique : http://ecorev.org/

mise en ligne le lundi 6 octobre 2008 , par Cécile Deharbe Cécile Deharbe .


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