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Tsunami en Asie : oui à l'aide ponctuelle, mais surtout oui à un autre développement Accueil > infos du groupe des Verts-Aube > archives > Environnement >

Tsunami en Asie : oui à l’aide ponctuelle, mais surtout oui à un autre développement


Sans doute parce que c’est la première fois qu’autant de touristes européens sont victime de ce type d’évènement.

Ainsi, pour un pays comme la Suède, c’est la plus grande catastrophe depuis la 2ème Guerre Mondiale avec 2 à 3 mille victimes. Et pour la seule Thaïlande, on compte plus de 10 millions de touristes par an en provenance des Pays du Nord.

La télévision a donc fait ce qu’elle sait bien faire : elle a produit de l’émotion. Non pas qu’il ne faut pas en avoir. Lors de ce genre d’évènement il est normal d’en éprouver. Mais il ne faut pas que l’émotion prenne le pas sur la réflexion.

Dans ce cas, le citoyen risque d’être instrumentalisé. Si les dons de toutes provenance sont nécessaires, si l’aide humanitaire qui en découle nous rassure sur notre humanité, il ne faudrait pas que les politiques de prévention soient mises de côté.

En effet, la pauvreté accentue les conséquences de ces séismes. Dans ces pays, le type de construction, comme les moyens limités en sécurité civile augmente le nombre de victimes.

La majorité des pays touchés sont situés dans le "bas du tableau" du classement à l’Indice de Développement Humain de l’ONU : le Sri Lanka est 99ème sur 177 pays ; l’Indonésie est 112ème, l’Inde 127ème, le Bangladesh 139ème ; et la Thaïlande ne pointe qu’en 74ème position.

Pour aider ces pays, dits en "voie de développement", à éradiquer la moitié de la pauvreté, il faudrait que l’aide des pays dits "développés" soit portée à 0,7 % de leur revenu. Ceci d’après un récent rapport de l’ONU. Or la France, comme la plupart des autres pays, ne consacre que 0,4 % de son PIB à l’aide internationale, et encore compte-t-on l’aide aux TOM...

Il importerait donc de dépasser l’émotion, et de se donner les moyens de renforcer les capacités des pays touchés à se développer. Ceci leur permettrait d’avoir des capacités supplémentaires pour faire face aux sinistres à venir. Et encore ne parle-t-on pas de la dette et de ses intérêts, ou des aides sous conditions qui visent en fait à garder les pays sous dépendance.

Enfin, il ne sert à rien de donner de l’argent à ces pays, si c’est pour qu’ils se reconstruisent à l’identique. En effet, de plus en plus de personnes vivent près des côtes, et les villages pauvres y côtoient les constructions légères pour touristes.

En effet, un mouvement d’exode en provenance des terres fait que 60 % des habitants vivent à moins de 60 km des côtes. Ce sont généralement les populations les plus défavorisées qui espèrent profiter des ressources de la mer ou de l’industrie du tourisme.

Mais ni l’un ni l’autre ne présentent les conditions pour éviter des catastrophes futures. En effet, la logique libérale qui prévaut fait que par exemple 60 % des mangroves ont disparues pour faire place à de l’aquaculture. C’est cette même logique qui fait que le village aux constructions fragiles succède à la plage de sable blanc, le tout sans digue ni protection contre les phénomènes de raz-de-marée fréquents dans cette région du globe.

En conclusion, c’est un autre mode de développement qu’il faut promouvoir. L’important étant d’assurer la sécurité des populations en tout premier lieu. Et si pour la Thaïlande, un système d’alerte était discutable, il faut savoir que la vague à mis 1 h 30 pour atteindre le Sri Lanka.

Le coût d’installations pour prévenir n’est pas prohibitif, et c’est vers un système de ce type qu’il convient de s’orienter.

Ainsi, plutôt que de verser de l’argent dans ce qui pourrait s’avérer un tonneau sans fond, car le réchauffement climatique intensifiera ce genre d’évènement, il parait important de poser des conditions à l’aide :
 équipement d’un système d’alerte des tsunamis
 développement économique respectant l’environnement et socialement équitable
 aide à ces pays pour sortir de la pauvreté

mise en ligne le samedi 5 février 2005 , par Pascal Houplon Sans logo .


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Le 26/02/2005
à 20:19:46 par
Pascal Houplon

Tsunami en Asie : oui à l’aide ponctuelle,

Sur le même sujet, une excellente analyse d’Ignacio Ramonet à lire sur le site du Monde Diplomatique


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